Discours de la Cérémonie de la Commémoration de la Déportation

20 novembre 2016

Mr le Conseiller Régional, Mr le Maire, Mr le Curé, Mesdames et Messieurs,

Après tant d’années, 72 ans déjà,
on pourrait s’imaginer que la rafle du 13 novembre 1944,
son souvenir, l’émotion qu’elle a engendrée, s’estompent. Mais ce n’est en rien le cas.
Ce moment, où la collectivité se recueille en souvenir du sacrifice de ses enfants, est toujours aussi émouvant, toujours aussi fort et prenant.
Nous nous souvenons et commémorons cette tragédie qui a frappé notre village.
Nous nous souvenons aussi de toutes les guerres et conflits qui ont frappé notre pays.
Nous pensons bien sûr à toutes leurs victimes civiles et militaires
et je voudrais vous remercier tous d’être fidèles à cette cérémonie.
Des hommes arrachés à notre village dans le froid du petit matin,
plus d’une vingtaine, neuf n’en reviendront pas
et les survivants furent à jamais marqués
et notre village à jamais meurtri.
C’est avec fierté
que nous pouvons honorer ceux qui ont subi sévices et déportation
après avoir osé dire non à l’oppression et à la collaboration.

En votre nom, j’aimerai leur rendre hommage
et les remercier de n’avoir jamais abdiqué,
d’être allé au bout des limites de leur courage.

Grâce à eux,
grâce à un sursaut national avec l’aide de tous nos alliés,
nous avons recouvré la liberté
et nous leur devons toute notre reconnaissance.
Héritiers de ces évènements,
nous devons les graver à jamais dans notre mémoire collective.

Nous devons aussi nous en nourrir
pour lutter contre les dérives actuelles,
chez nous en France,
à travers l’Europe et dans le monde,
les résurgences de nationalismes exacerbés,
les dictatures en marche
et la montée du fanatisme et de l’obscurantisme.
La situation est grave :

nous devons nous préparer à des années difficiles
durant lesquelles nous devrons tous être plus unis
et collectivement assumer nos valeurs démocratiques.

Nous devrons répondre aux aspirations, aux besoins réels de la population.

Nous devrons,
par l’exemplarité de nos conduites,
expliquer les atouts d’une société démocratique,

car avec la crise économique,
la crise de civilisation,
avec la défiance envers les politiques,
une grande partie de notre population n’y croit plus
comme l’a récemment montré un sondage du quotidien « le Monde ».
Les régimes forts n’ont jamais été que le marchepied de conflits, de guerres et de privation de libertés.

Dans ce contexte de mondialisation, de réchauffement climatique, de révolution numérique,
il est urgent que nous réinventions un nouveau logiciel,
rigoureux mais tolérant et humaniste,
un logiciel dans l’intérêt général et bien compris de populations.
Nous y avons tous une part à jouer,

à nos niveaux respectifs,
en s’engageant davantage,
en s’impliquant encore plus dans le dialogue,
en croyant en une aventure collective
de solidarité et de partage,
d’équité et de générosité :

ce sont des clés pour ne pas voir l’innommable se répéter,

des clés pour ne pas voir l’Histoire bégayer ;

ce sont des clés pour une France plus unie,

une Europe plus forte

et un monde de paix.


Vive la République ! Vive la France !